Mycelium social

Mycélium Social

1. L’invisible

Ce réseau tentaculaire invisible, merveille de la nature, qui nous fait penser à un réseau de communication fibre, là, sous nos pieds.

Un échangeur naturel d’information auto-calibré avec sa propre maintenance.

En ces temps  l’utilité des réseaux sociaux gonfle le paradoxe, n’y a-t-il pas matière à réfléchir à ce point :

Une époque ultra-connectée pour tous et, à contrario, un effet de solitude ambiante.

Avons-nous moins d’interactions à cause de cette facilité ?

Objectif : Nous avons la fibre optique mais moins :

  • d’interactions
  • de liens * un altruisme pour ne pas dire dégradé * une perte de repères due aux réseaux sociaux
  • une perte des valeurs (Voir mon article : « La France en perte de valeurs : le grand bug de notre logiciel social. »)Source : La France en perte de valeurs

La symbiose définit une association intime et durable entre deux organismes d’espèces différentes. Elle peut être mutualiste (bénéfique pour les deux), commensaliste (avantage pour l’un, neutre pour l’autre) ou parasitaire (avantage pour l’un, inconvénient pour l’autre).

Source : https://www.centrescientifique.mc/fr/article/biologie-marine-fr/symbiose

Cette symbiose se rattache bien à notre système sociétal, au final.


2. L’Ingénierie de la Forêt 

Objectif : Technologie de l’arbre : Un arbre est un organisme vivant qui fonctionne grâce à un système intégré de racines, tronc, branches et feuilles, permettant l’absorption des nutriments, la photosynthèse et la croissance.

Source : https://hautsdefrance-normandie.cnpf.fr/sites/socle/files/cnpf-old/fonct_arbre_bat_1_1.pdf

L’importance et le rôle de l’arbre-mère par le biais du réseau mycorhizien

Ce système est souvent associé à notre réseau Internet. C’est un échange d’informations et de nutriments : un réseau interconnecté, en somme.

Des études, notamment celles de Suzanne Simard, montrent qu’ils forment une hiérarchie où ils centralisent et redistribuent l’énergie, tels des nœuds majeurs du web.

Source : Explorateurs Outdoor – Wood Wide Web

Bénéfices :

  • Prévention des maladies grâce à l’envoi de substances défensives.
  • Résistance accrue aux conditions climatiques grâce au transfert de nutriments.
  • Échanges multi-espèces : un phénomène plus étonnant encore peut avoir lieu entre différentes essences.

La gestion durable des forêts

Un point essentiel est mis en avant : l’intérêt de préserver ces arbres-mères pour une gestion durable des forêts. Voici quelques pistes pour concrétiser cet engagement :

  1. Préserver les zones abritant des arbres-mères.
  2. Limiter les coupes rases et privilégier les coupes sélectives.
  3. Favoriser la diversité d’espèces pour enrichir les interactions et les échanges via le réseau mycorhizien.
  4. Soutenir les recherches en écologie forestière pour mieux comprendre ces réseaux.

On peut donc parler d’un dialogue complexe qui permet la survie de tout un réseau souterrain. En effet, il existe une véritable communication entre les champignons et les plantes. Ce qui est remarquable, c’est que les plantes les plus fortes envoient des nutriments aux plus faibles. Une organisation apparemment très efficace.


Pour aller plus loin : Retrouvez le contenu complet de l’étude : « La communication entre les plantes via les réseaux mycorhiziens module les comportements adaptatifs complexes au sein des communautés végétales. » > Source : Oxford Academic – AoB PLANTS

3. Le Diagnostic de notre Société 

Objectif : Identifier nos piliers de transmission.

Quels sont nos arbres-mères ?

1. La crise des « Nœuds de Transmission » Que se passe-t-il lorsque les structures qui, autrefois, distribuaient les valeurs (École, famille) ne jouent plus leur rôle ? On se retrouve avec un réseau (Internet) ultra-performant, mais qui ne transporte plus de « nutriments » moraux ou civiques pour les plus faibles.

2. Connexion vs Communication Nous avons un système de communication ultra-rapide, mais pour quel contenu, quelle profondeur ? Nous avons, dans nos erreurs, confondu connexion (fibre, etc.) avec communication (le fameux partage des valeurs que je cite depuis deux articles).

D’un côté, un énorme trafic de signaux, notifications et fake news dans un brouhaha incessant ; de l’autre, une forêt avec un dialogue minimaliste et vital, dans le plus pur des silences.


Individualisme vs Symbiose

On peut facilement se comparer au parasite de l’arbre qui consomme la sève sans donner en retour. C’est une rupture de couche — pour parler en termes de plasturgie — où les échanges n’existent plus entre les personnes, ou se résument à de simples interactions banales.

Le climat anxiogène de notre société, entretenu par les systèmes classiques d’information, y est, je pense, pour quelque chose. Une réaction à la peur, comme par exemple lors du COVID (voir mon article : COVID pour tous, tous pour le COVID), peut en être une cause, tout comme un certain détachement des valeurs.

La rupture de charge : Cette dernière attitude pourrait s’apparenter à une panne de réseau, une déconnexion totale de la réalité.

L’illusion du Pixel

On en vient logiquement aux réseaux sociaux qui n’ont rien de fédérateur. L’entraide y est inexistante, sans parler de l’objectif principal qui en ressort : la critique gratuite et puérile.

Mais attention à l’importance de cet édifice : il peut blesser, anéantir, ou à l’inverse charmer et relever une personne. Là, contrairement au mycélium, il y a profusion de fake news. L’entraide ne fait donc pas partie du programme.


3. Seniors et Juniors : Une symbiose rompue au profit du conflit.

Ce qui est dommage, c’est que tout le monde y perd. Au niveau de la transmission, les formations, les conseils et l’accompagnement — comme cela se faisait autrefois entre seniors et juniors — sont quasi inexistants en entreprise, ou alors à titre purement symbolique. La symbiose ne prend plus et le conflit des générations empire.


4. Conclusion & Appel à l’Action 

Ce n’est pas un retour en arrière que je recherche ou que je prône, mais un retour aux valeurs qui doivent être protégées et diffusées. Et je ne parle pas spécifiquement de politesse, mais de valeurs profondes qui nous enracinent.

Pour faire un parallèle avec le milieu de l’entreprise, il serait bon de considérer les faits suivants : certes, nous sommes à la croisée des chemins car nous avons évolué, changé. Il faut du courage, car changer de paradigme ou se servir de l’expérience du passé demande une introspection constante.

Pour les entreprises, occulter cette partie « introspection » et ne pas aller vers l’autre est suicidaire. La stratégie de management doit évoluer, car c’est un enjeu crucial pour éviter cette perte de connexion entre les gens. 

Et vous, dans votre écosystème — qu’il soit familial ou professionnel — avez-vous le sentiment d’agir comme un « arbre-mère » qui transmet la sève, ou comme un simple nœud technique dans un réseau devenu anonyme ?

                                                                                                                            Anthony .B

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